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>Des coûts de production revus à la baisse La gestion de Transavia «sera indépendante de celle d'Air France», a tenu à préciser Jean-Cyril Spinetta. Les coûts de production et la productivité «devront être cohérents avec les tarif s pratiqués». Ce qui signifie en clair que, pour pouvoir s'aligner sur les tarifs de easy-fet ou Ryanair (6), Transavia devra comme eux réduire au maximum ses coûts d'exploi­tation et de gestion. La vente sur Internet l'y aidera, comme l'embauche de personnels polyvalents, un rendement maximal des avions, un recours massif à la sous-traitance, etc. En prenant garde, toutefois, de ne pas entamer le capital image de la maison mère, comme l'explique un responsable du projet, sous le sceau de l'anonymat : « Les conditions sociales seront celles du marché. La marque de l'entreprise ne colle pas avec les produits type charter ou low cost. Elle est beaucoup plus asso­ciée à une clientèle "affaires" et "loisir", à un service à bord particulier, un mode de distribu­tion en agences de voyages. Transavia procède d'une logique très différente : une vente de billets sur Internet, un service simplifié... C'est une offre où la légitimité de la marque Air France ne se retrouve pas forcément ».    Si le consommateur tire plus ou moins pro­fit de la guerre des prix, bien qu'au détri­ment de la qualité voire dans certains cas de la sécurité, les salariés, eux, en payent assu­rément le coût social. Depuis 2004, la Fédé­ration Européenne des Syndicats de Tra­vailleurs des Transports mène campagne contre les atteintes à la liberté syndicale chez Ryanair.   En Espagne, Air Madrid s'est vu retirer, il y a deux semaines, sa licence d'ex­ploitation pour manquements graves aux règles de sécurité sur ses appareils, annula­tions indues de ses vols à la dernière minute... Résultat : 1300 salariés sur le car­reau, 100 000 voyageurs lésés.   Plus près de nous, vendredi 14 décembre, c'est Easyjet, soupçonné de contrevenir au droit du travail français (7) en soumettant une partie de ses salariés à la législation anglaise, qui reçoit la visite dans ses bureaux d'Orly de l'inspec­tion du travail, de l'Urssaf, des impôts et de la gendarmerie.   Sur ce plan, aucune crainte à avoir, affîrme-t-on au service de presse d'Air France: «Le personnel sera recruté sur la base de contrats de travail français. Rien à voir avec le droit social irlandais !»   L'argument a valeur de lapsus. Il y a deux ans, Hélène, hôtesse de l'air syndiquée à l'UGICT-CGT, s'est intéressée au travail de ses homologues de Cityjet, à Dublin. Propriété d'Air France depuis 2000, Cityjet est une compagnie à bas coût créée en 1994.   Un an d'entretiens, au final et un tableau des plus sombres. Jus­qu'à cinq vols enchaînés à la suite chez cer­tains Personnels Navigants Commerciaux (PNC), six «levers tôt» d'affilée pour d'au­tres, l'obligation d'être prêt à partir à n'im­porte quel moment, huit jours de repos, base mensuelle contre treize à Air France («le minimum pour vraiment récupérer»), trente et un jours de congés contre six à sept semaines à Air France... Le tout à l'ave­nant, sans oublier les contrats précaires, un management à la hussarde, teinté de harcèlement moral, voire, de racisme. « Ils volaient pour Air France, portaient les mêmes unifor­mes que nous, mais ils étaient sous contrat irlandais, et n'étaient pas titulaires du certificat sécurité sauvetage, obligatoire ici pour exercer le métier d'hôtesse de l'air ou de steward. »   Le recrutement des 400 employés  prévus chez Transavia débutera au mois de janvier. L'activité au sol sera en grande partie sous-traitée. Des appels d'offres seront lancés pour «l'assis­tance en escale, l'entretien en ligne, le catering (restauration à bord)...» Pour Raymond Besco (CGT), cela signifie «une remise en cause permanente des conditions sociales et une smicardisation pour le plus grand nombre ». Basée à Orly Sud, Transavia devrait parfaite­ment s'intégrer au paysage, «Depuis quelque temps, on assiste à un développement spectacu­laire de la sous-traitance et des temps partiels, explique un cadre d'Orly. Air France, comme ADP, sous-traite à tout va : l'activité passerelle, les navettes équipages avions... C'est simple. Orly Sud prend de plus en plus des allures d'aé­rogare spécialisée dans le low cost. »     A leurre du low cost... Selon différentes études, les compagnies à bas coût devraient représenter, en France, entre 20 et 25% du marché intérieur d'ici à 2010. Lors de la présentation de Transavia, Air France a clairement affirmé vouloir viser le grand public. Or, en Grande-Bretagne, où le low cost a explosé il y a déjà une dizaine d'années, le segment n'a pas tant capté une clientèle à faibles capaci­tés contributives, qu'une clientèle d'affaires», selon le chercheur Roger Vickerman, de l'université du Kent. Un signe : depuis 1995, le prix moyen d'un billet «touriste » a à peine diminué, alors que celui pour un passager « affaires» a été divisé par deux. (6) Un décret paru le 23 novembre au Journal Officiel stipule que le code du travail français est applicable «aux entreprises île transport aérien au titre de leurs bases d'exploitation situées sur le territoire français".
Mar 2 jan 2007 Aucun commentaire