>Air France. Bientôt du
low cost sur les vols intérieurs ?
La compagnie Air France envisage de lancer des vols intérieurs low cost dans l'Hexagone, via sa filiale
Transavia au départ de Nice. Selon le quotidien La Tribune, ce projet, baptisé Mimosa, vise à
contrer les compagnies low cost Easyjet et Ryanair, en installant Transavia à Nice pour desservir d'autres villes de province. Ces liaisons sont aujourd'hui assurées par les autres filiales Brit
Air et Regional. Brit Air dessert Nice depuis Brest, Rennes Strasbourg et Bordeaux. Mais, selon La Tribune, ce projet se heurte à plusieurs obstacles, notamment la renégociation d'un accord avec
les pilotes d'Air France, signé lors de la création de Transavia, et qui interdisait les transferts d'activité du pavillon Air France vers sa filiale low cost. «La question du transfert chez
cette dernière, des pilotes de Britair et Regional sera au coeur de la problématique», écrit le quotidien.
>Vers un bouleversement du réseau domestique d’Air France
Les escales en province coûteraient trop cher à Air France. La compagnie française envisagerait
donc plusieurs mesures pour les ramener à l’équilibre. Selon les quotidiens La Tribune et Les Echos, elle pourrait lancer un plan de restructuration de son réseau domestique avec pour objectif de
réduire de 20% ses coûts qui comprendrait des réductions d’effectifs et le transfert de liaisons à sa filiale low-cost Transavia.
Selon La Tribune, Air France travaillerait sur le projet Mimosa prévoyant l’installation d’une base de
Transavia à Nice et le transfert de plusieurs lignes domestiques – aujourd’hui desservies par Britair et Regional – à la low-cost. Quatre seraient concernées, sur lesquelles les coûts d’escale
sont trop élevés, les rotations trop peu performantes et la nature du trafic peu adaptée au programme de vols actuel. Transavia lancerait également des liaisons plus conformes à son business
plan, vers des liaisons méditerranéennes. Toutefois, ce projet demanderait une renégociation des accords avec les pilotes de la compagnie, Transavia n’ayant initialement pas l’autorisation de
réaliser des vols domestiques.
Une telle mesure s’explique par les difficultés que connaît Air France avec la concurrence du TGV mais
surtout des compagnies low-cost. Ryanair et easyJet ont en effet attaqué le marché domestique français, la première depuis Marseille, la seconde depuis Paris (Orly et CDG) et Lyon.
Selon Les Echos, les pertes du réseau court et moyen-courrier pourraient s’élever à 300 millions d’euros
sur l’année fiscale 2009-2010. Un plan NEO (New European Offer) aurait été présenté au comité central d’entreprise le 21 janvier avec différentes mesures pour redresser la situation. La
principale serait une réduction des effectifs sur les escales de province de 3 750 emplois équivalents temps plein à 3 000 en 2011.
>Transavia bientôt sur le réseau domestique ?
Mimosa : tel est le nom de code du nouveau projet d’Air France sur le développement de Transavia, selon un
article paru dans le journal La Tribune ce matin. Il "vise à installer Transavia à Nice, pour desservir d’autres villes de province aujourd’hui exploitées par ses filiales Britair et
Régional", explique le quotidien. Cela concernerait quatre lignes, actuellement
déficitaires à cause de coûts d’opérations trop élevés.
Non seulement un tel projet permettrait au groupe Air France-KLM de réduire
ses coûts sur le réseau domestique, mais également de contrer l’arrivée éventuelle d’une grande low cost européenne sur les liaisons transversales d’où est absent le TGV.
L’hypothèse d’un plan Mimosa prend tout son sens dans la restructuration du réseau court et moyen-courrier qu’Air France avait
annoncée en novembre dernier. Hier, révèle pour sa part Les Echos, l’analyse de cette restructuration a été présentée au comité central d’entreprise d’Air France sous le nom plan NEO.
Objectif : réduire de 20% le coût des escales. Ceci passera par un développement des bornes d'enregistrement sur 22 escales ainsi
qu’une réduction du personnel au sol, un recours accru à la sous-traitance et un plan de départs volontaires. Ce dernier a été lancé en septembre 2009. Les résultats seront connus en
mars.
Contactée, Air France ne souhaite pas faire de commentaires sur ces informations
>EasyJet jugée en France pour "travail dissimulé"
La compagnie aérienne britannique à bas prix EasyJet a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) pour "travail dissimulé".
Elle avait été mise en examen en 2006 après une enquête ayant montré selon l'accusation que 170 de ses
employés à l'aéroport d'Orly travaillaient depuis 2003 avec un contrat de travail britannique, ce qui est, selon le parquet, illégal. La situation a été régularisée en 2007, après
l'affaire.
"Cette affaire provient d'une idée selon laquelle EasyJet aurait fait une espèce de dumping social en
voulant profiter d'une législation qui aurait été plus favorable sur le plan économique qui serait la législation britannique. Ce n'est absolument pas le cas", a dit à Reuters l'avocate de la
compagnie, Me Frédérique Beaulieu.
L'affaire illustre les nombreux litiges entre la France et les compagnies à bas prix, la justice ayant déjà
par exemple déclaré illégales les aides indirectes que leur accordaient des aéroports régionaux. Concurrencée, Air France a elle aussi créé une filiale à bas prix, Transavia, en
2006.
L'accusation s'appuie à Créteil sur le code du travail français, applicable selon elle aux entreprises de
transport aérien au titre de leurs bases d'exploitation situées sur le territoire français, ce que la défense conteste.
Cette disposition vise à empêcher les compagnies à bas prix de contourner la législation française, pour
réduire coûts salariaux et charges, même si elles n'ont pas de structure juridique en France. EasyJet aurait soustrait ainsi plusieurs millions d'euros d'impôts et charges à la
France.
Franck Mikula, président du syndicat Unac (Union des navigants de l'aviation civile), partie civile, a dit
voir l'affaire comme exemplaire.
"EasyJet fait partie des compagnies qui depuis plusieurs années travaillent en France au départ de bases
françaises, sans appliquer la législation française. (...) Le but c'est de s'intercaler dans les règlements, dans les espaces laissés libres par la législation européenne pour gagner plus
d'argent", a-t-il dit à Reuters.
Le jugement devait être mis en délibéré.