Partager l'article ! FLASH BACK: Fusion-Fiasco, transfert d'activité, plans sociaux, reclassement et transfert des compétences...: >Interviewée vendredi pa ...
>Interviewée vendredi par France 3
télévision suite à la confirmation en appel de la condamnation de l'ancien PDG d'Air Lib Jean-Charles Corbet à 18 mois de prison ferme pour avoir détourné 15 millions d'euros et provoqué la faillite de la
compagnie en 2003.
Fadhila Brahimi revient rapidement sur le fiasco Air Lib - rapidement cette affaire ne peut en aucun cas s'expliquer en un post, ni en 3 minutes et encore moins se résumer par la condamnation de l'ex patron des compagnies fusionnées Air Liberté Aom-
Air Lib, n'est que le dernier chapitre d'une longue chronique "mort annoncée" de plus de 8 ans durant laquelle se sont cumulés une quinzaine de plans sociaux, de transferts d'activité et 4 migrations technologiques avec 4 changements d'actionnaire qui a touché plus de 7500 salariés (11 entreprises: compagnies aériennes et filiales du groupe Swissair France) entre la France et la Suisse.
Près de 10 000 suppressions d'emploi en 5 ans rien que sur la plate forme d'Orly. Alors que la compagnie desservait près de 36 escales (métropole, Dom Tom et international). C'est donc plus de 7500 familles qui ont été touchées par des erreurs de gestion et d'appréciation politique. La question en suspend: y avait-il une place pour une seconde compagnie aérienne en France? - probablement oui si certaines décisions avaient été prises en son temps.
Sur un plan social, ce fut probablement l'un des fiascos les plus marquants des années 2000 avec les affaires Métaleurope, Danone, LU...
Les salariés licenciés en février 2003 étaient à 90% des survivants de plans sociaux qui ont du se battre pour maintenir le rang de la deuxième compagnie française.
En plus du statut de survivant qui porte en soi un lourd tribut, c'est un sentiment d'injustice et d'incompréhension qui laisse un goût amer à cette affaire : "nous ne serons jamais officiellement qui sont TOUS les responsables". Et pourtant, Air Lib est un cas d'école étudié dans les universités de droit social: nous avons tout vu du Livre 3 et 4 du code du travail en une seule entreprise.
Ayant travaillé entre 1995 et 2003 dans cette compagnie, j'ai assisté à la fusion Air Liberté-TAT puis Air Liberté - Aom (elle même composée de deux autres entreprises). J'ai donc travaillé dans une entreprise qui est passé de 0 à 500, 3000 à 7500 puis de 3200 à 0 en 8 ans, avec des ouvertures et des fermetures de lignes, des alliances et désalliances...etc.
Et j'ai donc assisté à l'extinction des feux en accompagnant les salariés d'Air Lib et de ses filiales en travaillant dans le groupe BPI pour le reclassement et le transfert des compétences tout en faisant mon propre travail de deuil.
Le travail de deuil dans une compagnie aérienne a de particulier qu'en tant que salarié vous n'êtes pas seulement un travailleur mais l'ambassadeur d'une marque part le port de l'uniforme ce qui vous lie de manière affective à votre entreprise.
Et lorsque vous êtes un survivant de plans puis finalement licencié, il importe de pouvoir de poursuivre votre carrière en renouant votre confiance à une autre marque, à une nouvelle équipe managériale et à de nouveaux actionnaires.
En créant mon entreprise en 2005, j'ai pris le pari que cette expérience ne pouvait que me rendre plus forte pour accompagner les changements. Mais je sais qu'une grande majorité des ex Air Lib ont du renoncer à leur grade pour pouvoir retrouver un emploi, certains ont du subir un autre plan de licenciement 6 mois après (Air Littoral, Aéris, Air Bourbon), sans compter les divorces, les déménagements et ceux qui aujourd'hui n'ont pas retrouvé d'emploi stable ni de "paix intérieure".
La fin d'Air Lib: c'était avant tout la fin d'une surperposition de compagnies aériennes fusionnées juridiquement mais pas sur l'aspect social et un désengagement de l'Etat - Aucune poursuite contre Swissair et Marine-Wendel pour avoir laissé la compagnie avec 6 milliards de déficit grâce à une gestion désastreuse.
Faute d'un vrai procès, certains croient encore que la survie de l'une des entités était possible.
Je crois qu'à travers ces quelques lignes, vous devez comprendre ce qui m'a amené à devenir
coach à travailler sur les repositionnements professionnels, la cohésion d'équipe, la construction d'une vision partagée et la conduite du
changement.
Source Lepost.fr 2/03/2009
Départ du PDG, pertes records... Parrainé par le suisse SAirGroup, lui-même en crise, le deuxième pôle aérien français en gestation affronte des turbulences
Le deuxième pôle aérien français a du plomb dans l'aile. Annoncée en mai 2000, la fusion programmée d'AOM, Air Liberté et Air Littoral, sous la houlette de la société suisse SAirGroup (maison mère de Swissair) et de Taitbout Antibes (le groupe familial d'Ernest-Antoine Seillière, président du Medef), est en train de se transformer en cauchemar pour ses 6 000 salariés. Ceux-ci attendent, avec l'arrivée imminente d'un nouveau PDG, d'être fixés sur leur sort.
C'est l'éviction, le 23 janvier, de Philippe Bruggisser de la direction de SAirGroup qui a provoqué ces remous. Les administrateurs du groupe zurichois étaient affolés par l'appétit forcené de ce patron pour de ruineuses compagnies européennes... L'investissement de SAirGroup chez l'allemand LTU Airlines lui a déjà coûté 2 milliards de francs. Sabena (80 avions et 11 000 salariés), contrôlée depuis 1996 à parité avec l'Etat belge, a frôlé la faillite fin décembre, obligeant ses actionnaires à un plan de sauvetage.
Enfin, la fusion des trois compagnies françaises AOM, Air Liberté et Air Littoral a pris plusieurs mois de retard, notamment à cause de difficiles négociations sociales. La facture du kérosène, payé en dollars, a plombé les comptes. Et la gestion commerciale des vols des trois compagnies hexagonales a été centralisée à Zurich, provoquant des désordres en série. «Certains avions, loués en urgence, partent finalement à moitié vides», enrage un cadre d'AOM. Résultat: le pôle français a perdu 1,6 milliard l'an passé. Là encore, SAirGroup a dû réinjecter 2 milliards de toute urgence, avec Taitbout Antibes. «Cela faisait un peu trop de dérapages en même temps pour les financiers de Zurich», reconnaît un expert du transport aérien. Exit, donc, Bruggisser le boulimique. Son remplaçant, Eric Honnegger, a annoncé que toutes les participations aériennes seraient «réexaminées» d'ici au 12 mars.
Des équipes ballottées de toutes parts
Ce coup de tonnerre bouleverse l'équation française. A la tête d'AOM, Air Liberté et Air Littoral depuis juillet 2000, Paul Reutlinger, un proche de Bruggisser, a donné sa démission le 3 février.
Après des mois de palabres, ce Suisse alémanique de 58 ans avait pourtant réussi à convaincre les salariés de l'intérêt d'un regroupement progressif des flottes sous une même enseigne, d'ici à la
fin de 2001, avec seulement 400 suppressions d'emplois. Son départ sonne le glas de ce fragile compromis. «Si son remplaçant est moins porté sur le dialogue social, ce sera la guerre. Nous avons
prévenu Seillière», annonce Jean Immediato, représentant du syndicat des pilotes SNPL d'Air Liberté.
De plus, le «deuxième pôle aérien français» devrait changer de périmètre: Air Littoral n'en fera probablement plus partie. «Il y a de vraies synergies entre AOM et Air Liberté, qui seront rebaptisées sous la marque unique Air Liberté, confirme un lieutenant de Seillière. Mais nous croyons moins à l'intérêt du mariage avec Air Littoral.» La société montpelliéraine, qui aurait perdu 300 millions l'an passé, pourrait donc être remise en vente. «C'est une trahison et une condamnation à mort!» tempêtent les élus d'Air Littoral. «Il faut bien diminuer la voilure pour rassurer les Suisses», murmure un dirigeant français.
Même réduite à AOM-Air Liberté, la fusion tricolore restera néanmoins très agitée. Le nouvel organigramme va, une fois de plus, déstabiliser des équipes ballottées de toutes parts depuis des années. Pour réaliser des économies, les livraisons de huit Airbus A 319 et A 340, initialement prévues au printemps, ont été suspendues. «On risque de se retrouver avec une flotte vieillissante, des retards et des pannes à répétition, comme l'été dernier!» s'exclame un cadre. A l'époque, la multiplication des incidents avait failli coûter son certificat de navigabilité à AOM...
Devant un tel casse-tête, SAirGroup peut décider de jeter l'éponge. Mais les candidats à la reprise d'un tel cadeau empoisonné ne sont pas légion. «Avec des prix cassés sur le marché intérieur et les DOM-TOM, je ne vois pas comment AOM-Air Liberté gagnera un jour de l'argent», tranche un concurrent. L'entourage de Seillière, qui ne dément pas l'arrivée éventuelle de nouveaux actionnaires, reste optimiste: «Pour l'instant, les Suisses nous assurent qu'ils ne lâcheront pas leur pôle français. Ils sont condamnés à réussir. Nous pouvons être à l'équilibre en 2003.» Mais, prudent, le patron du Medef a négocié une discrète promesse de revente de ses parts à bon prix, garanti par les Suisses. Il est bien le seul à avoir un parachute.