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Le succès de la compagnie aérienne irlandaise repose sur le dumping fiscal et… les fonds publics. La CGT dévoile l’envers du décors d’une entreprise qui applique dans l’esprit la directive Bolkestein.

Marseillle, correspondant régional.

Vous vous triturez les méninges pour comprendre comment la compagnie Ryanair peut pratiquer des tarifs aussi bas ? Stop. Le syndicat CGT d’Air France lance une campagne nationale pour dévoiler les petits secrets de la compagnie low cost irlandaise. Vendredi, à Marseille, il a présenté son analyse que l’on peut résumer ainsi : le modèle économique de Ryanair repose sur le non-respect des règlements nationaux et communautaires, sur le dumping social et fiscal et, au bout du bout, sur le financement par le contribuable. Le lancement de cette campagne par José Rocamora, secrétaire national de la CGT Air France, à Marseille ne doit rien au hasard puisque le syndicat a rendu public un mémorandum sur l’exemple concret de l’aéroport de la deuxième ville de France. Qu’y découvre-t-on ? Tout d’abord que la compagnie dirigée par le très médiatisé Michale O’Leary ne paie aucune taxe parafiscale (taxe professionnelle, taxes d’apprentissage et de formation professionnelle). Air France verse à ce titre 1,3 million d’euros à l’échelle de la région PACA. Encore plus surprenant : Ryanair ne paie aucune cotisation sociale. Et ce malgré un chiffre d’affaires en France qui approche les 300 millions d’euros.

« De fait, le fonctionnement de Ryanair est l’application dans l’esprit et les actes de la directive Bolkestein, accuse le syndicat. (…) Des salariés navigants irlandais, écossais, français ou d’autres pays d’Europe, dont certains vivent en France, effectuent leur travail en totalité ou en partie au départ de la métropole (de Marseille en particulier). Leur entreprise contourne les lois et règlements français et européens. Á ce jour, contre toute attente, la DGAC, l’Urssaf et l’inspection du travail font la sourde oreille alors qu’un simple contrôle sur l’aéroport permettrait de mettre en évidence ce travail dissimulé. » Le manque à gagner est, par définition, difficilement chiffrable mais ce sont des centaines de milliers d’euros, voire des millions qui sont en jeu.

La grande valse des billets n’est pas encore terminée, puisque la chambre de commerce, gestionnaire de l’aéroport, « a mis en place des mesures incitatives » : abattements à droite, aide à gauche. Plus fort, elle a conclu un marché d’achat d’espaces publicitaires avec AMS, filiale à 100 % de Ryanair. Montant sur cinq ans : 6,8 millions d’euros. « Ce marché est une aide d’État non notifiée au regard des règles de la communauté européenne », souligne le syndicat. Les collectivités locales, soucieuses de l’attractivité de leur territoire, voient toujours d’un bon œil l’ouverture et ont tendance à dérouler le tapis rouge à Ryanair jusqu’à ce que celle-ci fasse monter, comme à Toulon, entre autres les enchères… Les chambres régionales des comptes se sont, à de multiples reprises, étonnées de ces relations dangereuses. Quant au président du conseil général de Charentes, Marc Boutat, il a publiquement dénoncé le « chantage » du « tigre » celtique.

Á l’échelle du continent européen, la CGT estime que Ryanair touche 650 millions d’euros d’aides pour un résultat net de 400 millions. CQFD. « Si le droit européen s’appliquait, toutes ces aides devraient être remboursées », insiste José Rocamora. La Commission européenne a été saisie à plusieurs reprises. Sans suite. Le syndicaliste tente une explication : « Nous supposons qu’il y a probablement entente tacite entre la Commission de Bruxelles et le patron de Ryanair. Nous avons été étonnés de l’engagement de ce dernier dans la campagne référendaire, l’an dernier. »

logo-cgt-bis Entre autres revendications, la CGT demande l’application de la législation française à tous les personnels des compagnies low cost basées en France et l’arrêt total des interventions financières des collectivités envers les compagnies qui persistent à mépriser la législation sociale et fiscale française.

Christophe Deroubaix



low-cost.jpg >EXEMPLE le 26 février 2010: Depuis que le Conseil général a tapé du poing sur la table et refusé de payer la rallonge demandée par Ryanair pour maintenir sa liaison entre Angoulême et Londres, on ne se faisait guère d'illusion sur l'avenir de la présence de la compagnie irlandaise en Charente. L'information a été confirmée hier, dans un courrier reçu par Patrick Berthault, le président du Smac (Syndicat mixte des aéroports de Charente). Dans cette lettre, Michael Cawley, vice-président de Ryanair, annonce que sa compagnie abandonne le terrain en Charente, « pour cette année et les années à venir ».

« J'ai effectivement reçu cette lettre, nous dit Patrick Berthault. Mais cette décision ne nous étonne pas : on voyait bien que Ryanair n'avait pas mis de billet en vente au départ d'Angoulême. C'était quasiment joué d'avance ». Rappelons que Ryanair était liée par convention au Smac : pour conserver sa ligne vers Londres, le syndicat devait verser à la compagnie 925 000 ? sur trois ans : 400 000? en 2008, 300 000? en 2009 et 225 000 ? en 2010. Or, contre toute attente, Ryanair a demandé au Smac de rallonger la subvention 2010 à 400 000 ?, soit 175 000 ? de plus que la somme convenue.

Inconcevable pour Michel Boutant, président du Conseil général et principal bailleur de fonds du Smac. Très en colère, Michel Boutant a refusé de « céder au chantage » et dénoncé les méthodes « de flibustiers » de Ryanair, la société qui « engrange d'énormes bénéfices ». Et il l'a fait savoir... Depuis, pas une semaine ne s'écoule sans que d'autres collectivités, confrontées au même problème, ne fassent part de leur soutien aux élus charentais. L'affaire fait même grand bruit au Royaume-Uni où les médias cherchent à savoir qui sont ces Gaulois entrés en résistance contre l'empire aérien Ryanair.

Une compagnie en juin

La réponse de Michael Cawley est donc tombée. Sèche. Le vice-président de Ryanair se dit « très déçu » par les Charentais qui n'ont pas donné suite à une proposition de liaison sur les deux seuls mois de juillet et août (contre 130 000 ? quand même). Il ajoute que cette lettre sert de préavis au départ de la compagnie aérienne et annonce sa volonté de rendre publique cette décision prochainement.

Les élus charentais n'ont pas dit leur dernier mot pour autant. Convention en main, ils entendent désormais régler l'affaire sur le terrain judiciaire, Ryanair n'ayant pas tenu ses engagements, vraisemblablement devant une juridiction internationale.

Reste l'avenir des vols commerciaux sur l'aéroport d'Angoulême-Cognac. Patrick Berthault dit que les partenaires du Smac (Conseil général, Grand-Angoulême et CCI) sont sur « une piste sérieuse. Il s'agit d'une option beaucoup plus simple, raisonnable, avec une compagnie qui laisserait un avion à disposition sur l'aéroport, ainsi que le personnel pour l'entretenir. Nous devons régler différents détails entre partenaires, avant d'en dire plus. »

Selon nos informations, cette piste, tout à fait viable, pourrait permettre à l'aéroport d'ouvrir, non pas une, mais trois nouvelles lignes commerciales. Vers Marseille, Lyon et... Londres-Gatwick, l'aéroport le plus accessible depuis le centre de Londres. L'opportunité devrait se débloquer prochainement pour une ouverture des trois lignes au mois de juin prochain. Les prix des billets devraient être « concurrentiels » vis-à-vis de ceux de Ryanair.

Source: SUDOUEST.COM



>Plus d'informations: Le «NON» au chantage de Ryanair

Samedi 12 décembre 2009

Ismaël KARROUM


Cela devrait vrombir aussi sèchement que le réacteur d'un Boeing 737 lundi matin autour de la table du syndicat mixte de l'aéroport Angoulême-Cognac. A l'heure des orientations budgétaires, les élus devraient provisionner une enveloppe d'un montant de 225.000 euros pour accompagner la communication sur internet des lignes de Ryanair au départ de Brie-Champniers. Mais la compagnie low cost a allumé la mèche en expédiant une lettre lundi dernier aux élus charentais. Un courrier dans lequel l'avionneur irlandais demande aux collectivités de gonfler leur budget pour soutenir la communication de la compagnie aérienne. Sans préciser de chiffre et en disant, grosso modo: «Faites-nous des propositions.»


A Poitiers, le mois dernier, c'est un million d'euros de rallonge «marketing» que la compagnie irlandaise a demandé aux collectivités pour maintenir ses lignes dans la capitale poitevine. Même schéma à Bergerac, La Rochelle, Limoges... Michel Boutant, le président du conseil général et sénateur de la Charente, met les gaz au moment d'aborder le fameux «courrier». «Ryanair doit cesser de nous prendre pour la poule aux oeufs d'or», assène l'élu.Le Département, la Comaga (communauté d'agglomération du Grand-Angoulême), la communauté de communes de Cognac et les chambres de commerce et d'industrie (CCI) d'Angoulême et Cognac sont liés pour cinq ans avec Ryanair.


Dernière ligne droite pour le contrat


Le contrat entamé en 2007 court jusqu'en 2012. Il prévoit trois versements: l'un de 400.000 euros, un second de 300.000 euros et un dernier de 225.000 euros afin de financer la communication de la compagnie low cost. «A lui seul, le Département finance 70% de ce budget promotion», précise Michel Boutant. Selon les termes du courrier expédié en début de semaine, Ryanair incite les Charentais à doper leur contribution. Le contrat entre dans sa dernière ligne droite. Chaque camp se positionne avant d'aborder la négociation future.


Michel Boutant n'a pas l'intention de se retrouver en position de faiblesse face au géant des vols low cost. «Ryanair joue la carte de la concurrence entre Poitiers, La Rochelle, Bergerac, Limoges et Angoulême. Ils demandent toujours plus! Mais là, ça devient excessif», peste l'élu. Qui glisse: «Surtout lorsque l'on voit les résultats de cette entreprise.» La compagnie a annoncé un bénéfice net de 136,5 millions d'euros au premier trimestre 2009.Michel Boutant a décidé de prendre son bâton de pèlerin pour constituer un front capable de faire face à Ryanair. «Voir aussi ce que ça nous rapporte»


«Je vais solliciter mes collègues de la Vienne, Dordogne, Charente-Maritime et Haute-Vienne afin que nous adoptions une position commune face à Ryanair», décrit le président du conseil général de la Charente, visiblement agacé de voir la compagnie irlandaise brandir la menace des fermetures de lignes aux quatre coins de la région.Président de la CCI d'Angoulême, Daniel Braud se veut moins ferme que les politiques. «Nous ne sommes pas dans la position de Poitiers! Nous, nous avons un contrat qui court encore pour trois ans! On n'est pas au pied du mur, on ne peut pas tout perdre maintenant», juge-t-il.


Lundi, il essaiera de convaincre les élus du syndicat mixte de l'aéroport Angoulême-Cognac des bénéfices engendrés par les lignes de Ryanair. «Il faut évidemment voir ce que ça nous coûte, mais il faut aussi bien regarder ce que ça nous rapporte! Ce sont quand même 30.000 personnes qui débarquent en Charente pendant quatre mois», rappelle-t-il. Il concède: «Si Ryanair nous demandait un million d'euros comme à Poitiers, ce ne serait pas raisonnable. Là, à nous de mener une négociation et de payer le juste prix», estime l'élu consulaire. Dans la négociation, il est prêt à payer plus s'il obtient plus: «En échange, on peut demander plus de rotations, plus d'horaires, voire une ou deux destinations supplémentaires. Notre aéroport est calibré pour trois dessertes. Au-delà, on ne peut pas, en deçà, on n'est pas bien.» Et à zéro, ce serait la catastrophe.


29.731 passagers ont été transportés entre Londres et la Charente par Ryanair cette année.52 millions d'euros, ce sont les retombées économiques injectées directement et indirectement par les lignes Charente - Londres dans l'économie charentaise. 925.000 euros. C'est ce que les collectivités doivent verser, en trois fois, pour accompagner la promotion de Ryanair lors des cinq années du contrat liant collectivités et compagnie aérienne. Il ne reste qu'un seul versement à effectuer.85%. C'est le taux de remplissage moyen en 2009 de la ligne Angoulême - Londres. Il était de 78% en 2008.5.083 Britanniques vivent en Charente selon l'Insee. Ils sont 12.972 en Poitou-Charentes.

Source: Charente Libre

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