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>La compagnie est contrainte de durcir les
mesures de réduction de coûts face à la baisse continue du trafic qui n'est pas près de s'arrêter.
Il ne se passe pratiquement pas un mois sans que la direction d'Air France-KLM n'annonce de nouvelles mesures d'économies et de réduction de capacité pour adapter son outil face à la chute continue du trafic. La dernière initiative en date est le recours annoncé au chômage partiel dès la rentrée et ce, jusqu'en 2010. Une nouvelle mesure qui "devrait permettre de ne pas affecter l'emploi", a déclaré Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général de la compagnie. L'heure n'est donc toujours pas aux licenciements. Du moins pour l'instant.
Reste maintenant à mettre en place un dispositif qui n'est pas évident pour une compagnie aérienne qui ne peut s'arrêter "de voler une semaine par mois comme peut le faire l'industrie automobile". Sans oublier que les personnels navigants techniques et commerciaux relèvent du Code de l'aviation civile avec une rémunération qui varie selon le nombre d'heures de vol effectuées sur la base d'un minimum de 740 heures par an. D'où la nécessité d'une circulaire spécifique en cours d'élaboration par le ministère de l'Emploi et la Direction générale de l'aviation civile.
A la fin juin, la direction d'Air France-KLM avait déjà décidé de doubler le nombre de suppressions de postes initialement prévu en février dernier. A ce moment-là, la compagnie tablait sur 2.470 suppressions de 2009 à la fin mars 2012, que les départs naturels, estimés à près de 4.000 sur ces trois années, devaient absorber tout en prenant en compte les embauches estimées inévitables (notamment au niveau du personnel navigant) et évaluées à 1.400 postes. Mais la dégradation continue du trafic a contraint le transporteur à revoir sescalculs.
Tablant désormais sur une réduction de 5 % de la capacité offerte pendant l'exercice en cours (d'avril 2009 à mars 2010), suivie d'une autre de 1,5 % sur l'exercice suivant (2010-2011), Air France‑KLM a fait passer ses besoins en effectifs de 54.700 personnes en 2009 à 50.683 à fin mars 2011 et 50.219 à fin mars 2012. Soit, finalement, 4.481 postes de moins en trois ans, un nombre supérieur aux départs naturels et se traduisant par un sureffectif d'au moins 500 personnes. D'où l'idée du recours au chômage partiel, histoire de tenir jusqu'à une reprise dont les effets ne sont pas attendus avant la mi-2011. Au mieux.
En apnée. Car, pour l'instant, Air France‑KLM se trouve "en apnée", pour reprendre la formule de Pierre-Henri Gourgeon. "Nous ne voyons pas apparaître la moindre embellie. La réduction de la demande dans le cargo est brutale. Elle est aussi très forte pour les passagers à haute contribution, ceux des classes avant qui prennent l'avion pour gérer leurs affaires. L'explication est simple : ils font peu de déplacements car ils n'ont plus d'activité ou cherchent à réduire fortement leurs dépenses de transport", ajoute le directeur général de la compagnie.
Or, le mois de juin a été aussi mauvais qu'en mai en termes de trafic et
les réservations, qui sont un indicateur pour les mois à venir, sont très loin d'être au niveau des années précédentes, alors que juillet et août sont traditionnellement des mois de croissance
pour le transport aérien. En clair, l'hémorragie du trafic qui a débuté par le fret dès l'été 2008 pour ensuite gagner le trafic passagers à partir du mois de novembre est loin d'être
finie.
Hémorragie. En sept mois, la seule Air France a en effet déjà vu disparaître l'équivalent de deux mois pleins d'activité cargo, à raison d'une chute de plus de 20 % par mois (cf. graphe). En termes d'activité passagers, l'hémorragie est moins sévère puisque la perte de trafic représente 10 jours d'activité avec à la clef près de 1,9 million de passagers transportés en moins par rapport à la période allant de novembre 2007 à mai 2008. L'équivalent du trafic annuel d'une filiale régionale du groupe, de type Regional ou Brit Air, s'est ainsi évaporé depuis novembre 2008. Et les mois prochains s'annoncent tous aussi meurtriers.
>Lufthansa doit faire un milliard
d'euros d'économie
Terminée, l'époque où les dirigeants de Lufthansa clamaient qu'ils resteraient bénéficiaires malgré la récession. Rattrapée par la crise, la compagnie allemande va annoncer dans "les prochaines semaines" un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici 2011, ont-ils dû reconnaître dans une récente lettre aux salariés.
La compagnie aérienne allemande, qui avait réalisé un bénéfice record en 2008, s'était contentée jusqu'à présent de mesures limitées, pour un montant de 300 M€. Et malgré une plongée dans le rouge au premier trimestre, elle tablait toujours sur un bilan positif en 2009. Mais le second trimestre traduit "une poursuite de la tendance négative", écrit le directeur de la division et futur directeur général du groupe, Christoph Franz, dans ce courrier.
"La situation nous force à agir", poursuit-il, en souligant que les mesures prises jusqu'à présent - essentiellement des réductions de capacités - ne suffisent plus. "Nous n'éviterons pas les décisions douloureuses". Le nombre de postes dans les services administratifs de la division passagers, qui emploie quelque 2 000 personnes, devrait être réduit à moyen terme de 20%. Mais le plan "Climb 2011" ne s'arrête pas là.
"Nos fournisseurs, à
l'intérieur et à l'extérieur du groupe, devront aussi contribuer aux réductions de coûts", poursuit la lettre, sans plus de précisions. C'est l'ensemble
de "nos structures, projets, produits et processus qu'il faut réétudier", selon le texte, qui note que de
nombreux concurrents fonctionnent avec des coûts bien moins élevés que Lufthansa.