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>Air France -
KLM : lourde perte et suppressions de postes
Air France-KLM avait prévenu qu'il était tombé dans le rouge au cours de son exercice 2008-2009. Mais sa
perte se révèle très lourde.
Le numéro un du transport aérien européen a en effet perdu 814 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 23,97 milliards, légèrement inférieur aux attentes. C'est son premier passage dans le rouge depuis sa création en 2003.
Toutefois, sa perte d'exploitation ressort à 129 millions d'euros alors qu'il craignait qu'elle atteigne les 200 millions.
En 2007-2008, le groupe franco-néerlandais avait dégagé un bénéfice net de 756 millions d'euros.
Face à cette situation, provoquée par la crise économique qui fait plonger le trafic aérien, le transporteur doit faire des économies. Il compte geler les embauches et même supprimer 2.700 postes au cours de l'exercice 2009-2010. Il précise toutefois qu'il compte procéder sans licenciement sec, en misant sur le chômage partiel et sur les incitations aux prises de congés.
Un défi pour le nouveau patron du groupe, Pierre-Henri Gourgeon, le président Jean-Cyril Spnietta venant de lui laisser les commandes pour aller prendre la
présidence du conseil de surveillance du groupe public spécialiste du nucléaire Areva.
>Air France-KLM voit la lueur au bout d'un tunnel de pertes
Le groupe a annoncé hier une perte nette sans précédent dans son histoire et celle d'Air France, de 814 millions d'euros. Mais les mesures d'économies ont permis de limiter les dégâts et la dégradation de l'activité semble stabilisée.
On attendait le pire et c'est finalement une petite lueur d'espoir qui est ressortie des résultats annuels d'Air France-KLM. Malgré une perte nette de 814 millions
d'euros, sans précédent dans l'histoire d'Air France et du groupe, Air France-KLM a en effet annoncé hier des résultats moins mauvais qu'attendu pour l'exercice 2008-2009. Le groupe
franco-néerlandais, qui avait annoncé fin mars une prévision de perte d'exploitation « de l'ordre de 200 millions d'euros », s'en sort finalement avec une perte opérationnelle limitée à 129 millions. Le chiffre d'affaires, bien qu'en recul de 12,2 % au dernier trimestre (janvier-mars), est
resté stable sur l'année, à 23,97 milliards. La trésorerie reste très confortable, avec 4,3 milliards en caisse au 31 mars. Quant aux perspectives pour l'exercice 2009-2010, si Air France-KLM
anticipe une baisse du chiffre d'affaires assortie de nouvelles pertes d'exploitation, la direction croit pouvoir discerner « depuis six à huit
semaines les premiers signes d'une stabilisation des effets de la crise ».
Ces quelques notes d'espoir ont semble-t-il profité au titre Air France, en hausse de 5,08 % à la clôture, à plus de 10 euros. Selon son directeur général, Pierre-Henri Gourgeon, les mesures d'économies initiées dès la fin de l'été, dont le gel des embauches et le report d'une partie des investissements, ont en effet permis de réduire l'ampleur des pertes. « Au total, nous avons repoussé pour 3,1 milliards d'euros d'investissements sur l'exercice précédent et l'exercice en cours », a-t-il souligné. Le non-remplacement des départs naturels et les différentes mesures sur l'emploi ont également permis de réduire les effectifs de quelque 2.700 postes sur l'exercice. Une baisse du même ordre est prévue cette année, « sans plan social », insiste le patron d'Air France-KLM. Quant à l'impact négatif des couvertures pétrolières, dont le surcoût est estimé à 200 millions, il devrait être réduit de moitié sur l'exercice en cours, grâce au débouclage anticipé d'une partie des engagements d'Air France. De quoi permettre à Air France-KLM de bénéficier plus largement de la baisse des prix du pétrole cette année. Selon Pierre-Henri Gourgeon, le groupe devrait ainsi économiser 1,9 milliard de dollars sur sa facture pétrolière de l'exercice en cours, soit l'équivalent d'une baisse de 2 % à 3 %. Autant d'éléments qui, ajoutés à une éventuelle stabilisation de l'activité, devraient théoriquement permettre à Air France-KLM de dégager un meilleur résultat l'an prochain, même s'il restera négatif. C'est, semble-t-il, l'objectif présenté en interne, dans l'hypothèse d'une reprise progressive du trafic, avec un retour à la croissance à compter de début 2010.
Cependant, lors de sa conférence de presse, le directeur général d'Air France-KLM s'est bien gardé de tout optimisme pour l'exercice en
cours. « La visibilité reste très faible et ne nous permet pas de faire des prévisions, a-t-il
expliqué. Si la dégradation nous semble interrompue, on ne voit encore aucun signe de reprise. »