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>Inquiet de la montée en puissance des compagnies à bas coûts, le PDG du groupe, Jean-Cyril Spinetta, veut mettre en place, une stratégie offensive.
La présentation de résultats annuels record, jeudi, n'empêche pas le PDG d'AIR FRANCE-KLM, Jean-Cyril Spinetta, de nourrir deux principales inquiétudes: la flambée du prix du baril à un rythme soutenu et la montée en puissance des compagnies à bas coûts (low-cost). Selon nos informations, lors d'une réunion avec les cadres d'AIR FRANCE, il y a un mois environ, il a tiré la sonnette d'alarme, en tenant un discours très ferme sur la nécessité de mener une stratégie offensive contre les compagnies à bas coûts. Celle-ci, selon une étude réalisé par AIR FRANCE, détiendraient près de 80% du marché européen de vols directs dit de "point à point" (sur lequel sont spécialisées les low-cost). Ce chiffre exclut le trafic utilisant un vol court et ou moyen-courrier pour prendre une correspondance, le coeur du modèle des compagnies traditionnelles.

Même si les compagnies à bas coûts souffrent aujourd'hui terriblement du prix du baril, Jean-Cyril Spinetta voit plus loin. Au regard des énormes carnets de commandes des transporteurs low-cost, il redoute qu'à l'horizon 2011-2012 AIR FRANCE devienne un acteur secondaire sur le trafic point à point, se faisant imposer sa stratégie (...)

Les réflexions de Jean-Cyril Spinetta traduisent une opposition stratégique avec certains en interne qui considèrent que le phénomène low-cost, a d'une part, atteint ses limites, et qu'une transposition du modèle au long-courrier, d'autre part, se révèle impossible.

Ces deux points qui nourrissent depuis six ans le discours d'AIR FRANCE - certains prédisaient en 2002 le dépot de bilan d'Easyjet en 2005... - n'ont donc plus l'oreille du président. L'offensive en France d'Easyjet, qui vient d'ouvrir une base opérationnelle à Roissy et à Lyon en attaquant les vols domestiques transversaux (région-région), a-t-elle été le déclic?


Pressions sur RYANAIR

Dans tous les cas, après avoir lancé en 2007 Transavia France, une filiale pour l'heure plus charter que low-cost, pour protéger les créneaux horaires d'Orly, Air France plancherait sur d'autres moyens de contrer les compagnies à bas coûts, notamment en France. Parmi elles figureraient l'évolution de la Navette et l'installation des filiales comme BRIT AIR, sur des terminaux à services simplifiés utilisés par les low-cost, selon des sources aéroportuaires.

Cette réflexion intervient au moment où AIR FRANCE vient de remporter une belle bataille juridique contre les prix trop bas pratiqués par l'aéroport de Marseille dans son terminal low-cost. Le conseil d'Etat a annulé les tarifs 2006-2007. Ce qui met la pression sur Ryanair, qui a installé sa seule base en France à Marseille. Les nouvelles redevances qui vont être proposées posent la question de la pérennité de cette base.

Fabrice GLISZCZYNSKI

Source LA TRIBUNE
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